lundi, mai 04, 2009

SERMENT DU FOU

Dans la nuit dans le froid dans les feux de forêt
J'étais lui j'étais toi j'étais eux (c'est pas vrai
Mais c'est joli à dire quand même
Et puis c'est folie de n'être que soi-même)

J'ai pleuré des chimères dans le silence des fées
Effleuré des mystères dans la danse des marées
(Comprenez que je me suis cru mystique
Condamné que je suis à l'heuristique)

Et Ô ma mère! je ne sais pas trop à quelle
Divine Lumière je naissais, mais en elle
J'ai cru, fifres fanfare et farandole
J'AI CRU! (Qu'on m'ôte donc cette camisole!)

Toi! ami, amie, passant devant ma cage
Sans fuir, sans frémir, sans détourner le visage
Toi! qui m'a vu au sommet de ma gloire
Toi! qui a su, quand il le fallait, choir,

Viens! dormir avec moi dans les lits des rivières
Viens! dormir dans tes bras est comme une prière
(Tu m'as vu, dans la nuit de ma cellule,
Dansant; dis, abeille, dis, libellule,

Tu ne m'as pas cru fou, toi?) ...et tu pars
Du pas si sûr, si doux, des femmes/filles/phares
Et je ne puis te rappeler, soeur, frère,
Déjà tu fuis vers ton palais de verre...

Mais Toi! qui m'as vu errer dans les ruelles
Comme un roi qui, déchu, rêve encore a sa belle
Que tu sois reine ou putain, viens donc dans mes bras
    Je jure de n'aimer plus que toi.



La ponctuation est a revoir, et sera donc modifiee dans les jours qui viennent.
A part ca, je n'ai absolument aucun commentaire a faire.




(ah si, tiens. aujourd'hui est le 357eme anniversaire de Kangxi, empereur de Chine contemporain de Louis XIV.)

samedi, avril 04, 2009

Foris

Il pleut de l'étrange dans les forêts obscures
Ça recouvre la voûte des arbres de striures
D'or et d'argent. A travers les coupes sombres, 
A cloche-pied, à quatre pattes, dans l'ombre,
tu es venue.

Ombre entre les ombres, silencieusement
Tu m'as mis à l'abri des injures du vent
et du chant de la pluie. O toi! mon coeur est pris
Entre tes doux bras, entre les draps de ton lit
de feuilles mortes.

Dansant entre les branches des arbres à corbeaux
Dans le bruissement des ailes des escarbots,,
Sous la voilure soupirante des arbres
Sous un ciel de jais, une lune de marbre
tu es venue.

Tes pas sourdent comme les battements de coeur
De la forêt . Tu t'étends et te tords, à fleur
De cime, me tentant, te tenant à l'orée
De mon coeur, par-delà le tapis mordoré
des feuilles mortes.



Du Francois!
Tremblez, marauds, Mark Tapley est de retour!

mardi, mars 31, 2009

Południowy krzyż

They have walked many a lonely mile
to reach the edge of the forest
They have crossed frozen oceans and danced
in plains of swaying gold

They walked in a single file
without stopping once to rest
They swaggered and they strutted and they pranced
and watched the skt above unfold

They have penetrated the still shadows
stretched across the trees
They have broken the fragile threads of light
that hang through the branches from the sky

They entered amidst the timid throes
Of the things that live beneath the canopies
They trod the carpet of black and white
and they lay on the ground and sighed:

"THIS IS THE END OF THE ROAD"




The title is in Polish, but I might have got the declination wrong. It is the name of an oak in
Białowieża forest shaped like a 120 ft high cross, that used to be a place of pilgrimage. I'm not entirely sure yet about this poem - you be the judges.

Hills like Veils

I tried to write a poem
about the city of Rome
and all I could come up with was this:

City of flickering lights
And old stones
Millions have tried to write
About Rome

City of romantic love
And museums
A million poets have dreamed of
A million poems

Why will you not yield
To the rage
Of the pen upon the field
Of the page?

Are you too grand, too old
Or too mighty?
Do you not like to be told
Of your own beauty?

You have baffled me
I admit
As you have before me
Much sharper wits.


Poem written in Rome, on February the 27th.
You may have noticed from the previous poe and this one that I am opening up to new influences, less solemn and less passionate. Don't get used to it.

Broken Things

We have journeyed many years
Swum through laughter and through tears
It has taken many an ended row
To be where we are now.

Even now that we've come to this place
The light of love still graces your face
In the wrinkled shadows your eyes
still shine a bit -
Your left eye laughs and your right eye cries.

Something dripping catches my ear
It may be the tap and it ay be a tear
hitting the carpet.
But we're a happy couple with a house, a dog, a Rover
so I keep reading
the fucking newspaper
Warm and safe in the comfort of the sofa.

We have come a long way together
and it's not enough
I think, as we sit opposite each other
and chew.
We have seen long sumer days
or at least
between rainstorms
Through the quiet English haze
we have glimpsed them.

We have come to that point, we say
with affection
Where we can sit together all day
in silence
but not boredom
Because we know each other so well
and feel
so comfortable
That there is no such thing as a dry spell
in th lush garden
of our love.

I sit and sip and feel the caffeine
after dinner
As you clear and wash up and tidy and clean
gracefully
like it's no chore.
There's a smell from the kitchen of something sad
so I light a fag
and inhale
And think of all the good times we have had.
I chuckle
as I look from the television
to the garden
complete with shed and lawnmower.


...and I hear something drip again.




Du nouveau en Anglais et bientot du nouveau en Francais!
(j'entends deja les hourras...)
Je sais, vous n'osiez plus l'esperer...

jeudi, octobre 16, 2008

Chanson marine

On a vu au bout du monde un arbre, aux branches duquel
Pendent des corps célestes aux tons d'opale et de miel.
Les marins en parlent dans les ports, de la lumière plein les pleurs:
Tous aveugles, les yeux brûlés et de cendres au lieu du coeur -
C'est l'arbre a lunes qu'on chante sur les quais
C'est l'arbre a lunes dont les fruits gonflent les filets

On dit que ses feuilles sont de l'azur le plus clair;
Qu'il plonge ses racines au plus profond des sept mers;
Et qu'il est toujours en fleur, des fleurs aux reflets d'or
Qui font rêver les marins au phare lointain du port -
C'est l'arbre a lunes qu'on pleure sur le pont
C'est l'arbre a lunes dont les fleurs sont des chansons

L'arbre a lunes a brûlé les yeux des vieux marins,
Ceux qui meurent a demi dans la pluie du matin.
Pêchant encore, pêchant toujours, couchés sur les pontons
Espérant, malgré la pluie, attraper une chanson -
C'est l'arbre a lunes qu'on garde au fond des yeux
C'est l'arbre a lunes dont les racines sont des cheveux

Un vieux marin m'a raconte qu'il avait vu l'arbre a lunes:
Les feuilles hachurées d'argent le bois creuse de runes,
Il semblait irradier de couleur les gris embruns
Et saa beauté auréolée avait aveuglé le vieux marin -
C'est l'arbre a lunes qu'on raconte dans les tavernes
C'est l'arbre a lunes dont les feuilles sont en berne.


....Premier poeme depuis "L'Illuminante"! Une secheresse de trois mois vient de s'arreter!
Attendez-vous a des poemes de temps en temps, dorenavant...

mardi, juillet 01, 2008

L’Illuminante

Il est dans tes yeux, O déesse multiforme
Des paysages vides et des géographies insolubles
Les froides forêts s’y reflètent et y dorment
Peuplées qu’elles sont de djinns et de succubes

Il est des immensités écaillées d’horrible
Des étendues d’or aux relents de marées
Des champs de mercure aux échos impossibles
Des zézaiements égayant l’effroi des forêts

Tes yeux sont des îlots de vide entre les mers
Des fragments de couleur dans le gris du monde
Des lambeaux de lumière, des appels d’air
Ils balaient la nuit comme des phares ou des sondes

Et on y meurt, O déesse, par centaines de milliers
On y crève en chantant, a tour de bras, a la pelle
Dans tes yeux somptuaires s’abîment les blesses
Au fond de tes pupilles se noient les immortels

Ils sont des éclats d’or et d’argent entre les feuilles
Des bouffées de chaleur dans le froid des forêts
Ce sont des phares que ces yeux, ainsi que des écueils
Rouges de l’écho des mourants amoureux qui crient comme des gorets.



Oui, c'est un poeme joyeux. Jovial, meme.
Premier poeme acheve en un mois. Un mois de notes permanentes et compulsives, de fragments et bribes, et un poeme acheve.
Rejouissez-vous, c'est un ordre.

dimanche, juin 01, 2008

Il y a des déchirures dans le rideau de l’ivresse

D’ici je pourrais presque toucher le ciel
J’en goûte presque l’azur mêlé de miel;
Son écho de pourpre et de rose, d’immensités
Lointaines et exotiques, d’antiques cités
Marines.

D’ici je ne vois presque plus la terre
Mais mes narines brûlent encore d’or et de poussière
Volés a des tombeaux de troubadours;
Il me manque presque, son toucher de velours
Et de feu.

D’ici je peux voir les presque-chimères
Aux yeux obscurs, aux gueules fières
Qui hantent les profondeurs d’albâtre
Des nuages; je sens leurs ailes battre
L’éther.

D’ici je me vois divin, vapeur d’aurore,
Ange aux cheveux fleuris, a la barbe d’or;
Et puis bête magnifique, aux yeux tristes
Alourdis par des paupières de schiste
Et de marbre.

D’ici la rue se tord comme un ver
Aux reflets d’argent et d’hiver
Et de sang; elle semble si loin
Que je me sentirais presque bien
De sauter.


Par ailleurs, c'est l'anniversaire de ma mere aujourd'hui.
Panne d'inspiration quant a un commentaire pertinent, donc que la nuit vous soit douce.

Epigramme #7

Il est des cités magnifiques ou je pourrais vous fuir
Des îles verdoyantes ou je pourrais me cacher pour mourir
Des immensités sereines a mille lieues de vos crasses personnes
Des montagnes ou personne n'a de téléphone
Et pourtant je reste la:
Ça vous apprendra.

jeudi, mai 22, 2008

The Decline and Fall of the Fiery City

The sky was blue as plastic, and the sun beat down razorblades
On the heads of the beasts who prowled the street in summer clothes.
Like holy incense, there rose from the melting streets a haze
That curled and wrapped itself around public benches and princes’ thrones
And that drowned out the light like water. Back then, in those dog days
There was a girl amidst the sweating monsters whose toes
Never touched the ground long enough to be burned.


She dripped holy water rather than sweat, and her shadow
Was diaphanous against the ground. Her eyes were like the ocean,
Deep and restless and brilliant, and her hair was white as snow.
Amidst the static air she was forever animated, always in motion.
While the beasts breathed heavily and their movements were slow
While their overlarge noses burned in the sun and they stood to attention
(Before nobody in particular), she spun and undulated like a dancer.


Her dance defied the sun, shamed the all-consuming light
That stood like blinding walls along the hazy molten streets.
She sang songs of the shadows and told stories of the night
(These were unheard of in the burning city of the beasts).
Her skin was soft to the touch and cool and white
She spoke a language in which there was no word for heat
(For she was a stranger from across the frozen seas).


The girl was courted by a lord of the desert but rejected him
She was wooed by a lizard-king and still she refused
She had suitors who breathed fire and mastered the hottest of winds
They tried to take her by force they tried to take her by ruse
They told her it was true love, she treated them all as whims
They tried to take her by surprise but she would not be seduced
So they put their heads together and plotted the fall of the nymph.


It was midday when they sought to carry out their infamy
Twelve of them tracked her down and attempted to subdue her
Yet she teased them as she danced. “You’ll have to kill me!”
And little did she know that was what they were plotting to do.
It wasn’t an evil act, it was a whim of men used to tyranny
They weren’t really evil men, but they were, it’s true,
A bunch of spoilt aristocrats maddened by lust and sunstroke.
So as twelve diverted her attention, another twelve lay in wait
In the shadow of the sun. As she came close they leapt
All aflame with lust, in the heat of passion insatiate
And as at last they held her in their grasp she quietly wept
While they fought about which one would seal her fate.
And high up in the sky where the moon was kept
There was a movement like a prison being opened.

The moon had heard the girl crying, the night had felt her tears
And they’d broken the spell of the city to come to her aid.
While the girl was hemmed in with sharp knives and leers
And her would-be suitors all had their daggers raised
All of a sudden came down the sum of all their fears
And night fell at last upon the heat and the haze
Of the burning city of nightmarish beasts.

Eh oui, toujours de l'Anglois. La langue francoise ne m'inspire que peu ces jours-ci. Cela dit, attendez-vous a bientot retrouver ici des bouts de mon projet en cours, l'Ethylicon. Oui, ca parle d'alcool. Ca vous etonne hein?

lundi, mai 12, 2008

Brides of the Sea

Nothing’s so sad as the back of the ship
When seen from the shore
Nothing’s so lonely as the feeling you get
When you can’t see it anymore
And you know the man you love is on it
Nothing’s more silent than the heaving roar
Of the waves around the pier when you’re standing at the tip.

O my bonnie went over the ocean
My bonnie sailed away
Spirits of the sea, I’d give anything
For you to bring my bonnie back this way
My eyes sting and burn and my ears ring
With wind and tears and spray
And it makes me dizzy the way the waves surround me with motion

There are a few of us feeling the same:
Cold and lost and alone
The beach is dotted with wives
There are a few that are turning to stone
Most of us look more dead than alive
Some will die there listening to the wind moan
And waiting. Then the survivors will leave, heads bowed in sorrow and shame.

More English! Encore de l'anglais! Rejoice! Z'aviez qu'a ecouter en cours d'anglais!

jeudi, avril 24, 2008

24 avril 2008


A Johnny Ciechanowski, esquire,



Qui a chargé les Panzers monté sur un pur-sang
Qui était centaure, et qui a perdu son frère, qui était homme-oiseau
Qui a vu la France pour la première fois en 44, en débarquant
Qui m’a appris a prier en latin, a pisser debout, et a siffler dans un roseau
Qui était le cavalier le plus rapide de mille neuf cent soixante seize
Ainsi que le plus lent mangeur de la Chrétienté
Qui pendant vingt ans au dessert n’a mangé que des fraises
Qui n’a jamais mangé de fraises sans un verre de vodka glacée
Qui parlait l’anglais de Shakespeare et le russe de Pouchkine
Le portugais de Camoes et l’espagnol de Garcia Lorca
Le polonais de Mickiewicz et le français de Racine
Qui a la place de l’eau ne buvait que du vin ou de la vodka
Qui a été le seul catholique a travailler pour Sheikh Mohammed
Qui a gagne la Coupe des Vétérans, le plus vieux cavalier sur le plus vieux cheval
Avec le plus vieil entraîneur, et les bottes les plus laides
Qui faisait un mètre soixante mais qui était colossal
Dès qu’il était en selle, et il l’était la plupart du temps
Qui a l’age de quatre-vingt cinq ans, avec un seul poumon
S’étant casse au moins une fois chaque os, et perdu presque toutes ses dents
Montait encore en course, et pour pas un rond
Qui était pauvre comme Diogène parce qu’il avait tout donné
Et quand il avait un sou en poche il le donnait encore
Qui ne haïssait que deux choses, les Russes et les poneys
Qui n’aimait que monter parce que c’est la le « noble sport »

Qui, enfin, est mort hier matin a neuf heures moins cinq, dans un lit d’hôpital, avec son frère a ses cotés:
Na Zdrawie towarzysz
Thar’s naught like ye an’ if th’are, tha’r deed.


Uncle Johnny (1920-2008) etait une force de la nature, un mythe vivant, un personnage aux dimensions epiques, un vrai guerrier et un esthete. Alors que ca faisait un an que son cancer du poumon s'etait generalise, je crois que personne ne pouvait imaginer que c'etait cela qui le tuerait. RIP.

Quichotte n'est pas le Gendre Ideal

Il y a Don Quichotte qui zozote parce qu’il est plein comme une outre
Qui boit comme un poète parce qu’il n’a rien d’autre à foutre ;
Parfois il s’arrête de boire pour pleurer sur l’épaule de Panca
Parfois il s’arrête de pleurer pour manger comme un roi
Quand il est repu il monte danser nu sur le toit
(Il n’y a guère qu’un heaume rouille qui l’accoutre)
Panca s’attend toujours a le retrouver pendu a une poutre.

Il y a Don Quichotte qui chevauche un destrier a demi mort ;
Qui donne des coups d’épée durs et tordus comme des coups du sort.
Parfois il ose ricaner de ses quelques dents pourries
Et son rire est froid et tranchant comme un coup de bistouri.
Quand il a faim il fait frire des araignées et des souris
Et parfois même les langues de ceux qui lui font du tort :
Don Quichotte est un pervers, un vicieux et un porc.

Don Quichotte comme un chien en deuil hurle à la lune
Seul et perdu dans la forêt et la brume
Alors il coupe les arbres a coup d’estoc et de taille :
Il transformerait les Asturies en un champ de bataille ;
Don Quichotte n’est heureux que quand il sème la pagaille.
Il est maigre comme un clou et léger comme une plume
Mais il est fort comme cent hommes nourris de soupes et de runes.

Parfois je suis Quichotte quand je pisse des nuages
Parfois je suis Quichotte ivre d’alcool et de rage
On est Quichotte quand on est fou, on est Quichotte quand on est sage
On est toujours Quichotte quand on est onirophage.



Enfin du nouveau. Je vous ai manque hein?